



Bilan climatologique du 1er juin au 31 août 2026
Dossier spécial – Météo Strasbourg | Station météo de La Wantzenau
L'été météorologique 2026 restera comme l'un des épisodes climatiques les plus remarquables de ces dernières décennies en Alsace. Entre chaleur précoce, températures dépassant les 40 °C, manque de précipitations et ensoleillement très généreux, les trois mois de juin, juillet et août ont présenté des caractéristiques particulièrement inhabituelles.
Les observations recueillies à Strasbourg-Entzheim et à Colmar-Meyenheim mettent en évidence une anomalie thermique saisonnière supérieure à 3 °C. Ce chiffre est considérable à l'échelle de trois mois consécutifs.
Au niveau national, l'été 2026 est devenu le plus chaud enregistré depuis 1900, devant les étés historiques de 2003 et 2022. La plaine d'Alsace a pleinement participé à cet épisode exceptionnel.
1. Juin 2026 : la chaleur s'installe brutalement
Le mois de juin a connu deux périodes très contrastées. Après une première partie relativement plus modérée, les températures se sont fortement élevées au cours de la seconde quinzaine.
Une vague de chaleur particulièrement intense s'est installée à partir du 17 juin, avec une succession de journées très chaudes et de nuits parfois difficiles.
À Strasbourg-Entzheim, la température moyenne mensuelle s'est élevée à 23,0 °C, soit 4,1 °C au-dessus de la normale. Les températures maximales ont atteint en moyenne 29,8 °C, ce qui est exceptionnel pour un mois de juin.
Le fait marquant est survenu le 27 juin 2026, avec une température maximale de 40,4 °C à Strasbourg-Entzheim et 41,0 °C à Colmar-Meyenheim.
C'est la première fois que la station de Strasbourg-Entzheim franchissait le seuil symbolique des 40 °C dans sa série de mesures de température débutant en 1945.
Sur l'ensemble du mois, Strasbourg a enregistré 14 journées à 30 °C ou davantage, contre 15 à Colmar-Meyenheim.
Les précipitations ont été insuffisantes pour compenser les besoins hydriques liés à ces fortes chaleurs : 49,0 mm à Strasbourg et 48,8 mm à Colmar-Meyenheim, soit des déficits respectifs de 28 % et 26 %.
À retenir : juin 2026 s'est distingué par une canicule précoce, un record thermique majeur et un début de dessèchement prononcé.
2. Juillet 2026 : une chaleur qui ne faiblit presque pas
Après un mois de juin déjà exceptionnel, juillet n'a pas permis de véritable retour à des conditions estivales normales.
À Strasbourg-Entzheim, la température moyenne a atteint 23,5 °C, soit une anomalie positive de 2,9 °C. Les températures maximales ont affiché une moyenne mensuelle de 31,1 °C.
Ce dernier indicateur est particulièrement révélateur : la moyenne de toutes les températures maximales quotidiennes du mois a dépassé 31 °C.
À Colmar-Meyenheim, la moyenne des maximales s'est établie à 31,0 °C.
Strasbourg a enregistré 19 journées atteignant au moins 30 °C, contre 20 journées à Colmar-Meyenheim.
La pluie est restée très insuffisante, avec seulement 35,1 mm à Strasbourg, représentant un déficit de 51 %. Colmar-Meyenheim a recueilli 45,9 mm, soit 27 % de moins que la normale.
Les quelques épisodes pluvieux, notamment orageux, ont parfois apporté des cumuls significatifs sur de courtes périodes. Cependant, ces précipitations irrégulières ne permettent pas nécessairement une recharge efficace des sols, surtout lorsqu'elles tombent rapidement sur des terrains déjà desséchés.
Le soleil a également occupé une place exceptionnelle : Strasbourg-Entzheim a comptabilisé 355,1 heures d'ensoleillement, soit 48 % de plus que la normale.
À retenir : juillet 2026 a cumulé fortes chaleurs persistantes, précipitations déficitaires et un ensoleillement particulièrement important.
3. Août 2026 : encore très chaud, avant une atténuation
Le mois d'août a prolongé la séquence estivale chaude, avec de nouveaux épisodes de fortes températures durant les premières semaines.
À Strasbourg-Entzheim, la température moyenne mensuelle a atteint 23,6 °C, soit 3,3 °C au-dessus de la normale.
La moyenne des maximales s'est élevée à 30,4 °C. À Colmar-Meyenheim, elle a atteint 30,6 °C.
Au total, 17 journées à 30 °C ou davantage ont été observées à Strasbourg, contre 19 à Colmar-Meyenheim.
La température a atteint 37,6 °C à Strasbourg dès le 3 août, confirmant que les épisodes de chaleur intense ne se limitaient pas au mois de juin.
Le régime des précipitations a présenté une certaine différence entre le nord et le centre de la plaine d'Alsace. Strasbourg n'a recueilli que 36,7 mm, soit un déficit de 40 %, tandis que Colmar-Meyenheim a enregistré 61,6 mm, un cumul très proche de la normale mensuelle.
Les dernières journées d'août ont connu une atténuation de la chaleur et des conditions moins uniformément estivales.
À retenir : malgré une évolution progressive en fin de mois, août 2026 a conservé une anomalie thermique très importante.
4. Une saison marquée par l'accumulation de journées très chaudes
L'élément le plus remarquable de l'été 2026 n'est pas uniquement le franchissement des 40 °C. C'est surtout la persistance de températures élevées pendant presque toute la saison.
À Strasbourg-Entzheim, 80 journées sur les 92 jours de l'été ont atteint au moins 25 °C. Parmi elles, 50 journées ont atteint ou dépassé 30 °C.
À Colmar-Meyenheim, les chiffres sont encore légèrement plus élevés : 83 journées à 25 °C ou plus et 54 journées à 30 °C ou plus.
Cela signifie que plus d'une journée sur deux a été une journée de forte chaleur au sens du seuil de 30 °C.
Les nuits ont également été concernées. Strasbourg a enregistré 13 nuits tropicales, caractérisées par une température minimale supérieure ou égale à 20 °C, contre 9 à Colmar-Meyenheim.
Ces températures nocturnes élevées réduisent les possibilités de rafraîchissement naturel des habitations et des espaces urbains.
La répétition des journées chaudes, associée aux nuits douces, constitue ainsi un indicateur particulièrement parlant de l'intensité de cet été.
5. La sécheresse : l'autre grand fait marquant
La chaleur exceptionnelle s'est accompagnée d'une pluviométrie insuffisante sur une grande partie de l'Alsace.
Entre le 1er juin et le 31 août, Strasbourg-Entzheim a recueilli 120,8 mm de précipitations, soit environ 40 % de moins que la normale saisonnière.
À Colmar-Meyenheim, le cumul atteint 156,3 mm, avec un déficit d'environ 18 %.
Cette différence illustre un aspect essentiel du climat alsacien : les cumuls de précipitations peuvent varier fortement d'un secteur à l'autre.
Le caractère localisé des pluies orageuses accentue encore ces contrastes.
Par ailleurs, il faut distinguer le déficit pluviométrique de la sécheresse réelle des sols. Lorsque les températures sont durablement élevées, l'évaporation et l'évapotranspiration augmentent. Les besoins en eau de la végétation deviennent alors plus importants.
Même lorsqu'une averse apporte plusieurs millimètres de pluie, une partie de l'eau peut ruisseler sans pénétrer suffisamment dans les horizons profonds du sol.
La sécheresse estivale 2026 résulte donc de la combinaison de plusieurs facteurs : manque de pluie, températures très élevées, rayonnement solaire important et besoins hydriques accrus.
6. Un ensoleillement exceptionnel
L'été 2026 a été particulièrement lumineux.
À Strasbourg-Entzheim, la durée totale d'ensoleillement a atteint 871,5 heures entre juin et août, dont plus de 355 heures pour le seul mois de juillet.
À Colmar-Meyenheim, l'ensoleillement cumulé sur les trois mois a atteint 885,8 heures.
Cette importante quantité d'énergie solaire a contribué au réchauffement des surfaces et à l'accentuation du dessèchement des sols.
Elle a également favorisé des températures élevées sous abri, particulièrement lors des situations anticycloniques avec vent faible.
7. Les différences climatiques à travers l'Alsace
Les résultats de Strasbourg-Entzheim et de Colmar-Meyenheim montrent des similitudes importantes, mais aussi des différences locales.
La plaine rhénane a subi une chaleur particulièrement intense et persistante. Les secteurs urbanisés, notamment autour de Strasbourg et de Mulhouse, peuvent également connaître une accumulation supplémentaire de chaleur pendant les soirées et les nuits en raison de l'îlot de chaleur urbain.
Le secteur de Colmar présente habituellement une pluviométrie relativement faible en raison de sa position à l'est des Vosges, sous l'influence de l'effet d'abri du massif.
Dans les Vosges, les températures sont généralement moins élevées du fait de l'altitude, mais les périodes chaudes peuvent également affecter la végétation, les sols et les ressources en eau.
Dans le Sundgau et sur les premiers reliefs, la répartition des averses et des orages peut être différente de celle observée en plaine.
Il est donc important de ne pas considérer les valeurs mesurées à Strasbourg comme représentatives de chaque commune alsacienne.
8. Comment situer l'été 2026 dans l'évolution du climat ?
L'été 2026 s'inscrit dans une tendance de long terme caractérisée par l'augmentation des températures estivales et la multiplication des épisodes de chaleur.
Sur le territoire français, il a dépassé les étés 2003 et 2022 pour devenir le plus chaud de la série nationale commencée en 1900.
Les observations alsaciennes sont cohérentes avec ce contexte national : chaleur persistante, nombreux dépassements des 30 °C et anomalies thermiques supérieures à 3 °C sur trois mois.
Il convient toutefois de distinguer les classements nationaux des records propres à chaque station météorologique. Un classement historique précis pour Strasbourg, Colmar ou La Wantzenau nécessite une comparaison homogène de leurs archives sur plusieurs décennies.
Le changement climatique d'origine humaine augmente la probabilité et l'intensité de telles situations. Cela ne signifie pas que tous les étés à venir seront systématiquement aussi chauds, mais que les conditions favorables à des épisodes extrêmes deviennent plus fréquentes.
9. Conclusion : un été qui fera date
L'été 2026 restera un événement majeur dans l'histoire climatique récente de l'Alsace.
Avec des températures atteignant 40 à 41 °C lors de l'épisode de juin, une fréquence remarquable de journées à plus de 30 °C, un manque de pluie durable et un ensoleillement exceptionnel, cette saison a cumulé plusieurs anomalies significatives.
La succession de trois mois très chauds constitue probablement l'un de ses traits les plus marquants.
Au-delà des records ponctuels, l'été 2026 rappelle l'importance du suivi climatologique local. Les stations météorologiques permettent de documenter les changements en cours et de mieux comprendre leurs conséquences à l'échelle des communes.
Les observations de la station météo de La Wantzenau viendront utilement compléter ce bilan régional afin de préciser l'intensité des chaleurs et le déficit pluviométrique dans le nord de l'Eurométropole de Strasbourg.
Analyse climatique – Météo Strasbourg | Station météo de La Wantzenau
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